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Troubles

Des thérapies naturelles contre l’asthme

2 juillet 2018

par Eric Madrid, docteur en médecine

L’asthme est une maladie inflammatoire des poumons qui apparaît quand les muscles entourant les tissues pulmonaires se contractent. Dans le monde, 300 millions de personnes sont affectées alors que presque 250 000 personnes par an meurent de complications de cette affection. L’asthme peut provoquer des symptômes comme des sifflements, de la toux et des essoufflements. Certains facteurs, comme les infections respiratoires et parfois les allergies, peuvent subitement déclencher une crise d’asthme. L’obésité (une personne ayant un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30 est obèse) double le risque de développer de l’asthme tout comme les autres facteurs de risque listés ci-dessous.

Il existe aussi un type d’asthme connu comme «l’asthme déclenché par l’effort », qui apparaît avec une activité intense. Étonnamment, les personnes souffrant de ce type d’asthme ne ressentent habituellement pas de symptômes sauf en cas d’effort.

L’asthme est classifié en quatre niveaux selon la fréquence des symptômes respiratoires :

  • Asthme léger
  • Asthme intermittent
  • Asthme légèrement persistant
  • Asthme sévère

Parmi les facteurs de risque de l’asthme, on trouve :

  • Les allergies au pollen
  • Les antécédents familiaux
  • Les sensibilités alimentaires (produits laitiers, blé, sulfites)
  • Les sensibilités aux produits chimiques (conservateurs et colorants alimentaires)
  • Le tabagisme ou le tabagisme passif
  • La présence d’ancêtres africains
  • La présence d’ancêtres d’Amérique latine
  • Le surpoids et l’obésité
  • L’exposition à la pollution aérienne
  • Les reflux acides

Comment l’empêcher :

Il a été démontré que l’exposition précoce à des animaux comme les chats et les chiens réduit le risque de développer de l’asthme ultérieurement. Inversement, l’absence d’exposition à des animaux dans l’enfance peut augmenter le risque, ce qui nécessite d’éviter l’exposition à des animaux plus tard dans la vie. Une étude de 2018 a montré que les enfants ayant consommé des antibiotiques durant la première année de leur vie présentent un risque accru de développer de l’asthme. Cela est probablement lié à la destruction des bactéries saines dans les intestins.

Si vous avez de l’asthme, évitez au maximum les déclencheurs qui provoquent l’aggravation des symptômes. Faire un suivi des crises d’asthme peut être utile pour en identifier les causes.

Traitement conventionnel :

En plus d’éviter les facteurs déclencheurs, un professionnel de santé peut vous prescrire une thérapie conventionnelle contre l’asthme. Dans de nombreux cas, ces médicaments peuvent vous sauver la vie. Il est donc vital de les avoir à portée de main. Parmi les médicaments les plus courants, on trouve :

Les bêta-agonistes : cette catégorie de médicaments contient de l’albutérol/salbutamol (Proair, Ventoline) ou du lévalbutérol (Xopenex). On les utilise fréquemment avec un inhalateur ou avec un nébuliseur pour le traitement durant les crises sévères. Les médicaments de cette catégorie sont considérés comme des « médicaments de secours » et s’ils sont utilisés plus de deux fois par semaine, il est conseillé d’utiliser un inhalateur stéroïdien.

Les inhalateurs stéroïdiens : cette catégorie de médicaments est utilisée pour la prévention des crises d’asthme. Parmi les exemples, on trouve les inhalateurs de fluticasone et de béclométhasone. Il faut se rincer la bouche après avoir inhalé ces médicaments pour empêcher une infection buccale appelée candidose.

Inhibiteurs leucotriène : cette catégorie comprend un médicament appelé montélukast (Singulair). Ce genre de médicaments inhibe une substance que les médecins appellent leucotriène. Ce composé chimique provoque des inflammations, la constriction des voies aériennes et des congestions.

Stéroïdes par voie orale : ils sont utilisés en cas de crises sévères. Bien qu’ils soient parfois nécessaires, les stéroïdes par voie orale devraient être utilisés le moins possible car une utilisation fréquente augmente le risque d’ostéoporose et d’ulcères de l’estomac.

Prévention de l’asthme

Il existe des thérapies alternatives contre l’asthme :

Les filtres HEPA : si les allergies aux pollens et aux phanères font partie des déclencheurs, il peut être utile d’utiliser des filtres HEPA (acronyme de l'anglais High Efficiency Particulate Air signifiant [filtre] à particules aériennes à haute efficacité) et de les placer dans la chambre et/ou le salon.

Le yoga : célèbre pour ses bienfaits sur le mental et sur la mobilité, le yoga peut aussi proposer des exercices de respiration et des stratégies pour aider à empêcher les crises d’asthme.

Alimentation :

Un régime riche en plantes et en légumes est anti-inflammatoire alors qu’un régime composé de grandes quantités d’aliments transformés et sucrés crée des inflammations et des irritations aux poumons. Il a été démontré qu’une grande quantité de fruits, de légumes, d’acides gras oméga-3 et un régime méditerranéen peuvent être utiles pour réduire le risque d’asthme d’après une étude de 2015 parue dans Lung.

Les personnes atteintes d’asthme devraient penser à suivre un régime d’élimination de deux à quatre semaines durant lequel elles omettront alternativement le blé, les produits laitiers et les aliments contenant des sulfites (fruits secs, vin, etc.) car ces substances déclenchent les symptômes de l’asthme chez les personnes sensibles. D’après le docteur Alan Gaby dans Nutrition Medicine, le glutamate monosodique (MSG), les acides gras trans, l’aspirine, le benzoate de sodium (un bon conservateur) et la tartrazine (un colorant alimentaire) peuvent être d’autres facteurs déclencheurs.

Le sucre et le sirop de maïs riche en fructose sont très courants dans les aliments d’aujourd’hui. Une étude de 2017 sur des femmes enceintes a montré que les mères ayant consommé les quantités les plus élevées durant la grossesse présentent plus de risque d’avoir un enfant atteint d’asthme. De plus, il existe des preuves que la consommation excessive de sirop de maïs riche en fructose par les enfants de 2 à 4 ans augmente le risque d’asthme. On trouve cet édulcorant dans de nombreux aliments communs, les jus de fruits et les boissons gazeuses. Vérifiez toujours les étiquettes !

Des approches naturelles contre l’asthme

Les probiotiques : un microbiome intestinal sain est crucial pour un système immunitaire en bonne santé. Une étude de 2015 dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology a démontré que la diversité bactérienne dans les intestins est un atout important pour empêcher les allergies et les symptômes de l’asthme. Les bactéries de l’acide lactique (appelées lactobacilles) jouent un rôle important qui est mis en évidence par le fait que les enfants nés par césarienne ont un risque accru de souffrir d’asthme en comparaison à ceux qui naissent par les voies naturelles (où ou trouve des lactobacilles en abondance). Des études sur des animaux sur les moyens de lutte contre l’asthme présentent les bienfaits des probiotiques dans la prévention contre l’asthme. D’autres études humaines sont en cours.

Le magnésium : le magnésium détend naturellement les muscles et c’est un minéral important et un enzyme « co-facteur » impliqué dans plus de 350 réactions chimiques dans le corps humain. Un apport adéquat en aliments riches en magnésium comme les légumes verts feuillus est capital. Fréquemment, l’alimentation n’est pas suffisante et il faut prendre des compléments.

Certains médicaments augmentent le risque de déficience en magnésium. Parmi ces médicaments, on trouve les acidoréducteurs (oméprazole, pantoprazole, ranitidine) et les pilules diurétiques qui éliminent l’eau (furosémide, triamtérène, hydrochlorothiazide).

Une étude de 2016 parue dans Pulmonary Medicine a démontré que les personnes ayant un taux de magnésium dans le sang inférieur étaient plus susceptibles d’avoir des symptômes sévères d’asthme. Quand il s’agit de traiter l’asthme, le magnésium est utilisé de différentes façons. Durant une crise sévère, les médecins prescrivent fréquemment du magnésium en intraveineuse. Une étude de 2018 menée en Italie a démontré que le magnésium injecté en intraveineuse pouvait aider les enfants souffrant de crises d’asthme et une étude effectuée en 2017 par Cochrane Database suggère également que l’inhalation de magnésium par l’intermédiaire d’un nébuliseur peut apporter des bienfaits additionnels aux patients hospitalisés suivant déjà une thérapie conventionnelle, c’est-à-dire avec de l’albutérol. Cependant, une étude datant de 2018 chez des enfants âgés de six mois à quatre ans n’a pas montré de bienfaits significatifs apportés par l’inhalation de magnésium. Une étude de 1997 a montré que l’apport de 400 mg de magnésium par voie orale permet de réduire l’utilisation de médicaments en comparaison avec l’utilisation d’un placebo.

L’huile de poisson : les acides gras essentiels oméga 3 sont principalement constitués d’acide eicosapentaénoïque (EPA) et d’acide docosahexaénoïque (DHA) qui sont importants au corps pour fonctionner de manière optimale. Une étude de 2014 parue dans Nutrition Journal a montré que la majorité des Américains n’absorbent pas suffisamment d’huiles essentielles oméga 3 que l’on peut pourtant trouver dans de nombreux aliments tels que le poisson (maquereau, cabillaud et saumon font partie des plus riches en oméga 3), les noix, les graines de chia, les graines de lin, les graines de chanvre et le natto.

Une étude datant de 2017 suggère que la supplémentation en huile de poisson chez la femme enceinte peut aider à réduire les symptômes d’asthme chez leurs enfants. Une étude de 2018 parue dans Pediatric Allergy and Immunology a conclu que « l’introduction de poisson dans l’alimentation au début de la vie (entre 6 et 9 mois) et la consommation régulière de tous les poissons (au moins une fois par semaine) réduit l’asthme et la respiration sifflante chez l’enfant jusqu’à quatre ans et demi alors que la consommation de poissons gras peut être bénéfique chez les enfants plus âgés ».

Dernièrement, une étude de 2016 parue dans Nutrition Research Reviews a conclu que la supplémentation en huile de poisson riche en oméga 3 pouvait être bénéfique en cas d’asthme.

Posologie conseillée : 1 000 mg une ou deux fois par semaine

La vitamine D : des milliers d’études effectuées ces dix dernières années montrent les bienfaits sur la santé en cas d’optimisation de l’apport en vitamine D. Ces études nous disent que les personnes ayant un taux plus élevé de vitamine D dans le sang présentent un risque inférieur d’avoir des maladies chroniques telles que l’asthme.

Dans la pratique médicale du sud de la Californie, un endroit où le soleil brille plus de 300 jours par an, quatre de mes patients sur cinq ont eu une déficience clinique en vitamine D. La raison expliquant cette déficience commune est que peu de personnes passent les 15 à 20 minutes nécessaires par jour sous la lumière du soleil permettant à leur visage, à leurs bras et à leurs jambes d’être exposés à la lumière ultraviolette. Jusqu’à 90 pourcents de personnes dans le monde souffrent d’une déficience.

Une étude de 2017 a montré que les femmes enceintes recevant une supplémentation en vitamine D avaient des enfants présentant un risque deux fois inférieur d’avoir des symptômes liés à l’asthme. Les femmes enceintes devraient s’assurer de recevoir une quantité adaptée en vitamine D. La plupart des femmes ont besoin de 2 000 à 5 000 UI par jour. Consultez votre médecin avant de prendre des compléments en vitamine D.

L’apport en vitamine D a aussi des effets sur l’asthme chez l’adulte, d’après une étude conduite en 2016 et parue dans Pulmonary Medicine. Elle a montré que les adultes, aussi bien les hommes que les femmes, ayant un faible taux de vitamine D dans le sang avaient plus de risques d’avoir des symptômes sévères d’asthme.

Posologie conseillée : 1 000 à 5 000 UI par jour

Le folate : le mot « folate » a la même origine que « feuille », « feuillage ». Un apport régulier en légumes peut aider à assurer un taux de folate adéquat dans le corps. Une étude menée en 2016 auprès de 582 enfants à Porto Rico a montré que les enfants ayant un faible taux de folate dans le sang présentent un risque accru de crises d’asthme en comparaison avec ceux qui ont un taux élevé.

Posologie conseillée : on peut envisager de prendre des multivitamines ou des gommes de vitamines à mâcher contenant du folate

La L-carnitine : la L-carnitine est un composant important du corps humain nécessaire au métabolisme. Une personne sur 350 environ est incapable de la synthétiser. Cependant, parmi celles qui en sont capables, certaines personnes ont des besoins plus importants que d’autres. Une étude de 2009 a montré que les enfants atteints de crises d’asthme ont un taux de L-carnitine dans le sang inférieur aux autres enfants montrant une stabilité concernant leurs problèmes d’asthme. Les enfants en bonne santé n’ont pas été testés dans cette étude.

Présentant des résultats similaires, une étude de 2012 parue dans le Journal of Allergy a suivi 50 enfants atteints d’asthme modéré et 50 enfants sans asthme. Les enfants atteints d’asthme avaient un niveau inférieur de L-carnitine dans le sang comparé aux enfants en bonne santé. L’étude a aussi montré que les enfants souffrant d’asthme ont vu leur état s’améliorer grâce à la supplémentation en L-carnitine.

Posologie conseillée : comme indiqué sur l’étiquette

Résumé

L’asthme peut compliquer la vie des personnes affectées. Il est important d’éviter les facteurs déclencheurs pour s’assurer que les poumons fonctionnent de manière saine. Il est recommandé de faire très attention aux facteurs qui peuvent empirer les symptômes de l’asthme. Les médicaments prescrits peuvent sauver la vie de nombreuses personnes atteintes d’asthme mais il est possible de modifier son alimentation et de prendre des compléments en cas de besoins importants de contrôle de l’asthme. Consultez votre médecin avant d’arrêter tout médicament prescrit contre l’asthme.

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